Quand l’enfant tire les ficelles

Aujourd’hui, amis lecteurs, je vais vous parler de ficelles…

De celles qu’on tire, qu’on manipule et qu’on manie avec dextérité. De celles qui se défilent où nous ramènent à notre enfance tel un fil d’Ariane.

Le week-end dernier, j’aidais au déménagement d’un couple d’amis et après avoir porté et déplacé meubles et cartons en tous genres, je me suis retrouvée assez naturellement à occuper les enfants présents sur les lieux. (L’instinct maternel me perdra… ou pas! A moins que ce ne soit mon âme d’enfant qui elle, j’en ai bien peur, risque bien de rester inaltérée par les années! Pour le plus grand bonheur des grands et petits gamins de mon entourage qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit…)

Après:

  • 25 descentes de toboggan, avec un petit bonhomme de quatre ans
  • 138 tours de balançoire
  • Une compétition de hauteur avec sa petite sœur de pas encore 2 ans
  • Un nombre certain de dribles footballistiques plus ou moins aboutis
  • Plusieurs arrêts dignes des meilleurs gardiens et…
  • Un tour du parc avec alternativement l’une et l’autre de ces petites terreurs sur les épaules mené en duo avec un grand gamin de passés 30 ans, encore plus atteint que moi

je me suis retrouvée en fin de journée à parler ficelles avec la plus âgée des jeunes pousses présentes ce jour-là, ado-ou-pas-loin-de-l’être, qui me montre fièrement ses exploits savamment emmêlés à bout de doigts.

Première surprise: « Oh! On joue encore à ça aujourd’hui! Tout ça ne me rajeunit pas! » Après l’avoir patiemment écoutée et regardée attentivement manier sa ficelle avec doigté, je n’ai pas pu refréner mon enthousiasme débordant à lui transmettre un savoir enfoui depuis une bonne vingtaine d’années au fond d’un vieux tiroir poussiéreux de ma mémoire. J’ai saisi la ficelle qu’elle me tendait en lui lançant avec enthousiasme: « Quand j’étais petite, je jouais à ça tout le temps! Attends, je pense que je peux peut-être retrouver les mouvements qu’il te manque et que tu ne maîtrises pas… »

Et là… Chose improbable, là où la mémoire flanche, les gestes se font automatiques. Alors que je n’avais pas rejoué à ces tours de ficelles depuis mes 10 ans, mes doigts ont trouvé tout seuls les gestes à accomplir. Ils connaissaient le chemin, comme un automatisme longtemps enfoui. Mon partenaire de baby-sitting improvisé s’est amusé de cette dextérité à tirer des ficelles, arguant qu’avec l’âge, la pratique avait dû s’épanouir sous des formes insoupçonnées. Des jeux d’enfants aux jeux d’adultes, qui sait?

Ce jour-là en tout cas, c’est l’enfant en moi qui tira les ficelles, de bout en bout… Pour le plus grand plaisir de l’adulte! Et, comble de tout, en fin d’après-midi, l’heureux papa des deux plus jeunes bambins me voyant en plein exercice de dextérité avec la plus âgée qui n’était pas la sienne finit par s’exclamer: « Oh, mais je jouais à ça aussi quand j’étais gamin! Comment ça marche déjà?

– Attends… Mets tes doigts là, et laisse-les faire, tu seras surpris »…

 

Du bout des yeux… au fond du coeur

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L’amitié est le plus solide des liens, il vous tient quand tout lâche. – Crédit: Condesign (Pixabay)

Ami lecteur, cela fait plus de trois mois que je ne t’ai pas abreuvé de pensées sympathiques et de phrases dithyrambiquo-philosophiques. Mes petits yeux dont j’ai tendance à occulter la santé un peu fragile ont décidé de se rappeler à mon bon souvenir en m’orchestrant une entrée fracassante à l’hôpital en trompettes et tambours le week-end de Pentecôte.

Tu ne le savais pas jusqu’ici, parce que ce n’est pas la première caractéristique qui me vient lorsqu’il s’agit de me présenter, mais je suis atteinte d’un handicap visuel congénital, un glaucome qui, s’il saute aux yeux du premier quidam que je rencontre, ne s’impose pas aux miens comme une manière de me définir. Voilà pourquoi, jusqu’ici, tu m’auras lue drôle, cynique, ironique, tendre, tranchante ou véhémente, mais n’auras rien su sur ce point qui pourtant me définit partiellement, si ce n’est moralement, au moins physiquement puisqu’il s’est invité avec un beau strabisme et une incapacité certaine à fixer longuement un individu ou un objet des deux yeux en même temps. Dans le jargon médical, on dit que je fonctionne en monovision, utilisant mon oeil droit pour la vision de près et le gauche pour la vision de loin.

Aujourd’hui, si je te communique ce détail, (car pour moi c’en est un) c’est parce que je souhaite dédier ce billet à tous ceux et celles qui m’ont soutenue dans l’épreuve. Je comprendrais que tu cesses ta lecture ici, mais je t’encourage à poursuivre malgré tout si tu veux assouvir une certaine curiosité médicale (ou un voyeurisme un peu malsain?).

Je vis avec mon glaucome depuis que je suis née. Il fait partie de moi et j’assume mon handicap au jour le jour, j’ai appris à le surpasser et à me surpasser grâce à lui. J’ai vécu les moqueries de cour de récré à la maternelle, celles de l’école primaire et des ados de 15 ans, les remarques lourdingues des collègues de bureau ou de sinistres inconnus croisés dans les transports en commun (la bêtise n’a pas d’âge et, non, je ne peux malheureusement pas passer le permis de conduire…) mais ça ne m’a pas empêchée d’avancer et de tracer ma route. J’ai souffert souvent, pleuré parfois, mais j’ai toujours combattu la bêtise. (Je supporte d’ailleurs mal les imbéciles, toujours aujourd’hui).

Jusqu’à ce vendredi 13 mai 2016 au matin (ça ne s’invente pas), mon glaucome était stabilisé depuis de nombreuses années au prix d’une irrigation de gouttes matin, midi et soir au moins aussi régulière  que celle des cultures au milieu du désert. Je ne m’attendais donc pas à me réveiller avec un oeil gauche voyant à 50 centimètres dans un environnement laiteux épais comme du brouillard. Verdict du phénomène? Tension oculaire à 38 (la norme est à 12 et généralement mes yeux sont à 14-16). Conséquence: quatre jours d’hospitalisation en urgence, des perfusions et des comprimés à n’en plus finir, une tension qui ne cesse d’augmenter pour frôler les 50 et une opération le mercredi suivant en quasi-catastrophe.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai récupéré du post-op et ma tension est revenue à la normale au point que j’utilise même moins de collyres qu’avant d’avoir été opérée. Tout n’était pourtant pas gagné et vu le stress des ophtalmologues qui n’ont relâché leur souffle qu’un mois et demi après l’opération, c’était loin de l’être.

Ici j’aimerais donc remercier du fond du coeur tous ceux et celles qui se reconnaîtront dans les quelques lignes qui vont suivre (et je tâcherai de n’oublier personne…):

Les fidèles du vendredi 13, qui m’ont nourrie de biscuits et de sandwiches, m’ont offert un ticket de loterie (perdant, c’est fort dommage!), ont attendu d’interminables heures dans les couloirs des urgences ophtalmiques des HUG dans un environnement relativement sordide et vieillot.

Ceux qui n’ont jamais quitté mon chevet mettant leur propre activité professionnelle entre parenthèses.

Ceux qui ont parcouru la moitié de la ville en rollers pour mes beaux yeux.

Ceux qui sont venus d’un autre canton exprès pour voir ma frimousse (assez pâle, mais souriante)!

Ceux qui à défaut de pouvoir être là, m’ont envoyé des traits d’humour périodiques et réguliers par pigeons voyageurs modernes…

Ceux qui m’ont offert des fleurs, des bonbons (parce que les fleurs c’est périssable, comme disait l’autre…), du chocolat, des pâtes venues tout droit de Milan, un McDo, un kebab ou encore un resto (en mode rebelle avec la perf’ encore dans le bras…).

Ceux qui m’ont donné la main, le bras, un sourire, de la force pour supporter, entre autres, les piqures dans l’oeil tous les soirs afin de faire descendre la tension pendant la nuit.

Ceux qui m’ont calmée au téléphone, au milieu de la nuit, quand la douleur s’est réveillée à 2h du matin et que j’étais seule chez moi face à moi-même.

Ceux qui m’ont hébergée pendant tout mon rétablissement et m’ont dorlotée comme une reine.

Ceux qui ont rendu ma convalescence sympathique à coup de visites surprises ou non.

Ceux qui m’ont fait la lecture.

Ceux qui m’ont décerné le titre de « pirate » et m’ont offert le cadre qui va avec!

Ceux qui post-op ont fait du « promène couillon » en me proposant des balades accompagnées presque toutes les semaines.

Ceux qui ont transformé le glacier du bas de la rue en QG général de fin de journée…

Ceux qui m’ont lue ou vue au plus bas et m’ont assené ces trois mots comme un mantra: « Tu es forte! »

Enfin, tous ceux qui ont été là. Merci à eux! On dit souvent que les amis se révèlent dans les moments difficiles. Un d’entre eux m’a dit il y a peu: « Tu as des amis formidables… » Je n’en ai jamais douté. Peu m’ont fait défaut lors de ce moment difficile.*

« Les amis sont la famille que nous choisissons pour nous-même », a dit Edna Bouchanan Longue vie à la mienne, qu’elle soit élargie ou non. Si je ne vous vois probablement que du bout des yeux, je vous aime du fond du coeur.

*Certains ceux sont des celle(s)/celui, ils se reconnaîtront…

 

« Je t’aime, MAIS… »

Dessin façon manga représentant une jeune enseignante en veste de tailleur rouge et chemisier blanc se tenant debout dos à un tableau noir.

Vous n’êtes pas la mère/le père de votre partenaire, cessez de vouloir corriger sa façon d’être! – Crédit: jsks (Pixabay)

Amis lecteurs (le masculin l’emporte, mais je pense aussi à vous les filles), l’heure est grave! Après avoir longuement disserté sur la question des « critères » exigés par certain(e)s pour accéder au titre d’homme/femme idéal(e) avec qui ils aimeraient passer leurs vieux jours, j’aimerais aborder dans ce second article touchant à la thématique de la mise en couple, un point crucial que j’appellerai par euphémisme, la « volonté d’accompagnement au changement ».

Késako? Eh bien, c’est tout simple! La « volonté d’accompagnement au changement », c’est cette manie que beaucoup d’entre nous ont (et quand je dis nous, pour une fois je vise particulièrement la gent féminine, parce que c’est vraiment son truc ça, comme le soulignait assez exaspéré un ami de ma connaissance tout récemment) de se mettre avec quelqu’un en se disant qu’on va le changer… STOP! Les filles vous délirez en 4DX et en couleurs! (Les mecs aussi hein, c’est moins votre genre, mais si vous le pensez, vous rêvez aussi, désolée!)

Vous ne pouvez pas vous mettre en couple en vous disant: « J’aime pas cette manie, il/elle va changer! » (= « Je vais l’éduquer! ») Croyez-moi, vous allez vous y casser les dents aussi sûrement que si vous fonciez dans un mur à 120km/h. (Ok, là, vous ne vous casseriez probablement pas que les dents, mais c’est une image…) Les « Je t’aime, mais… » – remplacez la suspension par 1) j’aimerais que tu sois un peu moins derrière ton ordi. 2) j’aimerais que tu m’écoutes vraiment quand je te parle. 3) j’aimerais que tu répondes un peu plus régulièrement à mes 8’464’682 sms journaliers. – déjà primo, vous m’excuserez, c’est pas vraiment de l’amour que de se dire que l’autre est bien, MAIS qu’il serait encore mieux s’il était pas ceci ou cela ou plus ceci ou cela… L’autre est comme il est, point. Si vous n’êtes pas prêt à le supporter avec ses qualités et ses défauts, croyez-moi, passez votre route, vous allez user vos nerfs pour une partie perdue d’avance.

Comme le dit cet ami mentionné plus haut, on peut, peut-être faire de la « petite éducation ». Par exemple: expliquer que le panier à linge sale a une véritable utilité et qu’il ne trône pas dans la salle de bain à titre purement décoratif, mais même là, j’ai quelques doutes… (Après huit ans de couple et quasi deux de vie commune à chercher à peu près tous les moyens possibles et imaginables de mener mon ex jusqu’au dit panier, j’ai finalement décidé qu’il n’avait qu’à faire sa lessive tout seul en partant en fouilles archéologiques dans tout l’appartement… Après tout, pourquoi se prendre la tête?)

Comme pour la liste de critères, je ne le répéterai jamais assez, mais personne, je dis bien personne, n’est parfait. Dites-vous bien que si la personne qui partage votre vie a des petits défauts qui vous agacent, parfois, vous en avez tout autant qu’il/elle supporte aussi. Eh oui, c’est comme ça, on peut aussi être pénible de temps en temps, mais l’autre n’a aucune autorité sur nous pour nous changer. Généralement, quand le courant passe bien, on s’adapte assez naturellement à l’autre et on change souvent… en bien, tout seuls comme des grands!

Plutôt que de vous échiner à vouloir améliorer votre modèle de base, tâchez plutôt d’en prendre soin. Ses petits défauts font aussi son charme et son authenticité. Sur le marché, ça se trouve à prix d’or…

 

La « liste »

Post-it rose posé sur une main avec en tête de liste écrit "shopping" et des tirets sans suite.

On ne trouve pas l’homme ou la femme de sa vie en cochant une liste comme on remplirait son caddie avec les éléments d’une recette miracle… – Crédit: 422737 (Pixabay)

Aujourd’hui amis lecteurs, je vais vous parler de la liste, mais oui, vous savez, celle que 99% des femmes font (et probablement aussi 99% des hommes, mais j’attends volontiers les avis masculins sur la question)! Vous savez, cette fameuse liste de critères incommensurables à remplir pour prétendre au titre d’homme/de femme de votre vie. Genre: grand, beau, blond aux yeux bleus, drôle, intelligent… (Enfin vous voyez le topo quoi!) Je pourrais vous faire la même, version masculine: belle (TRÈS belle, c’est hyper important!), bonnet D, pas plus intelligente que lui ou en tout cas pas dans le même domaine (fierté oblige), etc. etc. etc.

BREF, vous l’aurez compris, aujourd’hui on va parler critères! On va parler critères parce que, je vais vous le dire tout de suite: je déteste ça! Vraiment, j’ai cette manie des cases et des critères en HORREUR absolue. (Un peu comme la « normalité », mais ça c’est un autre chapitre…). Et ne pensez pas: « Mais enfin, des critères on en a tous! Elle fabule si elle pense qu’elle n’en a pas! Certains sont inconscients…(blabla tout ça…) » Je le clame haut et fort, je n’ai pas de critères pré-établis à remplir telle une ménagère faisant ses courses au supermarché du coin avec sa liste à la main.

Je n’ai jamais, mais alors jamais compris qu’on puisse être rebuté par quelqu’un parce qu’il est trop petit, trop grand, trop gros, trop maigre… Trop ceci ou pas assez cela, sur la base du fait qu’on cherche la perfection sur le papier…

Je suis désolée de vous faire déchanter les gars (et les filles aussi), mais la perfection, ça n’existe pas. C’est bête, mais quand j’entends des collègues célibataires énumérer le fait qu’il faut que leur futur partenaire fasse attention à lui, mange équilibré, soit non-fumeur, sportif, drôle et surprenant, parle huit langues et lise du Proust… J’avoue, je me marre! Et non seulement je me marre, mais en plus je me dis qu’elles sont pas prêtes de le trouver l’homme de leur vie! (Je parle des collègues féminines, mais les hommes font pareil faut pas croire!)

Côté masculin, un ami qui ne jurait que par les rousses vit aujourd’hui une belle relation avec une brunette tout ce qu’il y a de plus méditerranéen, pour le plus grand bonheur de l’un et de l’autre! Et vous savez pas quoi? Ils forment un très joli couple! Quant à la dernière fille de mon entourage qui parlait critères, elle cherchait un homme qui ne buvait pas, imberbe et je ne sais quoi et aujourd’hui, devinez quoi? Elle a un mari très sympa, plutôt poilu et qui aime bien « boire son coup » de temps en temps comme elle le dit elle-même! Et ô surprise! Ils s’entendent à merveille et ont même eu récemment un petit garçon. Il n’entrait absolument pas dans ses critères (son hommes, pas son petit garçon, enfin voyons) et pourtant, voilà où ils en sont! Avouez qu’il y a pire!…

La vie, c’est ça! C’est une question de feeling pas une question de critères! Quand on s’entend bien avec quelqu’un et que le courant passe, qu’est-ce que ça peut bien faire que l’autre soit un passionné de mangas et que vous soyez plutôt du style à lire du Baudelaire en livre de chevet? Si vous êtes du genre à passer des heures à cuisiner en musique et elle à préférer les plats surgelés?

Le jour où j’ai entendu cette collègue trentenaire lors d’une sortie au resto faire la liste interminable de ses critères en précisant que « oui il en faut quand même ». J’ai répondu un peu instinctivement que pour moi l’important c’était que le courant passe et que « le reste se faisait tout seul ». C’est à ce moment-là que j’ai certainement acquis le statut de « personne sensée et intéressante » aux yeux dun collègue cette fois qui, jusque-là n’avait pas ouvert la bouche et s’est empressé d’abonder en mon sens faisant une remarque que j’ai, à l’époque trouvée très pertinente (et que je trouve toujours pleine de justesse aujourd’hui d’ailleurs): « [ah mais alors là je te rejoins complètement!] l’important c’est de trouver quelqu’un avec qui tu puisses être toi! ».

Être soi, c’est ça le plus important, ne pas porter cette espèce de masque social qu’on dresse tous à un moment ou un autre entre nous et le monde, être juste bien avec quelqu’un, à l’aise, en confiance, savoir qu’avec lui/elle, vous pouvez vous montrer vraiment tel(le) que vous êtes. Et ça, ce n’est pas un critère… C’est de l’instinct. Un instinct qu’il faut savoir écouter et que beaucoup ignorent complètement quand ils leur hurle dans les oreilles que « eh, là y a quelque chose »!

Avec qui est-on vraiment soi? Avec ceux que l’on a appris à connaître (et qu’on découvre toujours au cours de sa vie du reste, parce qu’on n’a jamais vraiment fait le tour d’une personnalité). Ces gens sont souvent nos amis, ceux avec qui on a grandi, vieilli (ou « mûri » pour ceux qui syncoperaient à l’idée de vieillir), partagé un certain nombre d’événements marquants, des fous-rires, des sursauts au cinéma et, parfois, aussi des larmes. Et ces gens-là, on les aime avant tout pour leur personnalité (ça y est le mot est lâché) et pas autre chose (ou le « autre chose » est en option).

En résumé, plutôt que de chercher l’homme (ou la femme) de votre vie en cherchant à cocher des cases sur une liste interminable de critères invraisemblables. Prenez la peine d’apprendre à connaître celles et ceux qui croisent votre route, à découvrir vos points communs et vos divergences d’opinion en faisant abstraction de l’apparence physique, une étude dont Slate s’est fait l’écho récemment, démontre que plus on connaît quelqu’un depuis longtemps avant d’être en couple (traduisez par-là « plus on est ami longtemps avec l’autre), moins le physique compte, rompant ainsi avec, je cite: « le schéma habituel ».

Moi je dis, à bas les habitudes! Même si bon, après, ça pose un autre problème parce que tomber amoureux(se) d’un(e) ami(e) c’est un autre chapitre! La « friendzone », tout ça… Reste que, faire l’effort de connaître l’autre en préambule est le meilleur préliminaire qu’on puisse souhaiter à une relation amoureuse, parce que la complicité qui se lie pendant ces instants est un terreau extrêmement fertile en plus de constituer des fondations solides à tout ce qui pourrait s’en suivre.

Jetez votre liste, déambulez au hasard et laissez-vous un peu surprendre. Sans recette, le plat n’en sera que plus réussi…

Magnetik a sa page facebook!

Un peu plus d’un mois après le lancement de l’aventure Magnetik, j’ai le plaisir de t’annoncer, ami lecteur, qu’en plus du blog, tu as désormais la possibilité de suivre Magnetik, ses chroniques et autres joyeux textes sur sa toute nouvelle, toute belle, toute rutilante page Facebook! N’hésite pas à liker, partager, et surtout à entrer en contact et donner ton avis!

Épingle bien le lien dans tes favoris (partout ailleurs aussi, tant qu’à faire) et fais tourner l’info! (Tu ne voudrais pas louper un post de haut vol pas vrai?)

Sur cette fantastique nouvelle, je te retrouve sous peu avec mon prochain article qui parlera « critères de choix »…

La « bombe A »

 

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Trois mots qui changent tout. – Crédit: bykst (Pixabay)Amis du soir, bonsoir!

Après avoir émis l’idée que nous étions tous des handicapés émotionnels, j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui une réflexion importante. Pourquoi dire: « Je t’aime » est-il devenu si difficile dans notre société? Depuis que je pratique la méditation et plus particulièrement la méditation dite de la bienveillance ou de l’amour altruiste qu’affectionne particulièrement Matthieu Ricard, j’ai beaucoup réfléchi à la question et ce d’autant plus que je suis une fille particulièrement sensible (bien que je ne le paraisse pas toujours).

Quand a-t-on dit pour la dernière fois à nos parents, à nos amis, à ceux qui comptent pour nous, qu’on les aimait? Attention, je dis bien qu’on les « aime », pas « aime beaucoup », « adore », ou que sais-je d’autre, simplement qu’on les aime.

Je suis prête à parier que pour beaucoup d’entre vous, ça remonte à loin! Et pourtant… A-t-on idée du bien que ça fait de le dire et de le recevoir en retour ce témoignage d’amour? Oui, parce que l’amour ça ne se cantonne pas au couple, d’ailleurs l’étymologie du mot nous renvoie directement au latin amicitia, soit l’amitié (de l’amour à l’amitié il n’y a qu’un pas me direz-vous, à moins que ça ne soit l’inverse?…) – Mes excuses pour ces réminiscences, elles titillaient la latiniste en moi… – Ces derniers mois, j’ai pris l’habitude de dire régulièrement « je t’aime » aux personnes qui comptent dans mon entourage. Amis comme parents et devinez quoi? La première réaction que j’ai rencontrée, avant de voir fleurir les sourires, c’est de l’étonnement, une surprise franche et même parfois de la gêne un peu craintive. Certains en ont ri (Merci Michel et ton: « Attendez elle nous fait une déclaration là! Vous pourriez l’écouter quand même! ») Une amie a salué mon courage disant qu’elle n’avait jamais osé autant de franchise de sa vie, une autre m’a remerciée, un autre, comme ma sœur, s’est littéralement illuminé.

Lâcher ces mots, c’est comme lâcher une bombe, la « Bombe A » comme dit l’auteur du Premier Guide de Rencontres 100% Geek, que j’ai acquis sur un coup de tête au salon du livre de Genève la semaine dernière. Sauf que cette bombe, elle propage une véritable onde de bonheur, de confiance et de joie et son effet est absolument incroyable.

Lundi, pour la première fois depuis que j’ai commencé à essaimer des « je t’aime », je l’ai reçu en retour, alors que je soutenais une amie par messages interposés. Elle m’a simplement renvoyé ces trois mots, après que je les lui aie moi-même communiqués. L’impact de cette réponse, l’émotion qui m’a submergée… J’en ai eu la chair de poule! On n’aime jamais assez et si on savait le bien que l’on fait aux autres en le leur disant, on ne s’en priverait plus. Un conseil: n’attendez pas qu’il soit trop tard pour les dire ces « je t’aime », lancez-vous!

De l’utilité des prétextes foireux

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Que de détours toutes ces excuses que l’on invente pour passer un moment avec quelqu’un qu’on apprécie… Avouez quand même que ça a plus de charme que la ligne droite! – Crédit: geralt (Pixabay)

Ami lecteur, quelle excuse vais-je bien pouvoir trouver aujourd’hui pour éveiller ta curiosité et tenter de te faire sourire après une longue journée de labeur? Il me faut un joli prétexte pour me mettre au clavier… ça tombe bien, si on en parlait des prétextes? Ces fameuses excuses plus ou moins bidons qu’on balance avec conviction dans l’idée, on ne sait trop, de convaincre l’autre ou de se convaincre soi-même que si on est là, devant lui/elle, ça n’est sûrement pas pour son sourire ou pour ses beaux yeux…

Personnellement, quand un homme me plaît et que j’ai envie de passer du temps avec lui, je suis capable de trouver les excuses les plus invraisemblables du monde pour profiter de sa présence. Dans le genre peur de rien, j’ai même réussi l’exploit, un après-midi d’automne, d’enfourcher mon vélo, d’enclencher le GPS et de me retrouver à sonner à la porte de celui qui occupait mes pensées du moment, avec comme prétexte (absolument pas crédible): « Je passais dans le quartier, alors je me suis dit que j’allais te dire bonjour! » (J’avais quand même pris la peine d’éteindre le GPS avant de frapper à la porte…). Pas du tout pénible la fille! Je pense qu’il m’aurait volontiers assommée, le garçon, même si ça l’aura aussi passablement fait rire. Surtout que, mauvaise menteuse comme je suis, je n’ai pas pu m’empêcher d’admettre que la vérité c’est que j’avais juste envie de le voir… (Comme s’il ne l’avait pas remarqué!) Cela dit, rassurez-vous, cette exception mise à part, je ne fais pas partie de ces gens qui débarquent à l’improviste à la porte un samedi après-midi sans crier gare. (J’aime beaucoup improviser, mais ça peut être un tantinet déstabilisant voire carrément stressant pour la gent masculine qui se retrouve complètement désarmée sans aucune parade stratégique à adopter et donc à peu près sans défense et terrorisée… C’est pas exactement des conditions propices à réunir pour passer un agréable moment en bonne compagnie!)

Ce qui me rassure néanmoins, c’est que si je suis capable de prétextes aussi peu crédibles, j’en connais qui font tout aussi fort, voire qui me battent à plates coutures. C’est ainsi que j’ai vu amusée, débarquer à ma porte, tout sourire, quelqu’un qui tenait absolument à me voir pour me rendre une somme dérisoire qu’il me devait alors même que je lui avais suggéré de la faire transiter par un ami commun que je voyais deux jours plus tard! Dans le même registre, j’aurais aussi entendu des excuses invraisemblables du type: « Venir au ciné avec toi m’évite de rentrer me préparer à manger après le bureau! » (Celle-là, c’est sûrement la meilleure entre toutes!)

Vous voulez que je vous dise? Je crois qu’au fond, on est tous un peu des handicapés émotionnels. Plutôt que d’admettre ouvertement qu’on apprécie quelqu’un et qu’on a plaisir à partager notre temps avec lui (ou elle), on trouve dix mille excuses toutes plus farfelues les unes que les autres pour justifier notre comportement. Histoire de nous donner une contenance? De nous rassurer? De quoi au juste? Moi je dis: stop! Et si on apprenait simplement à s’ouvrir de manière authentique? Quand on apprécie la compagnie de quelqu’un, ça se voit. Pourquoi faire tant de simagrées? De toute façon, au final, personne n’est dupe, même si les excuses sont de jolis chemins de traverse, la finalité, on la connaît!

 

Souvenirs, souvenirs…

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Quand nos bibelots convoquent des souvenirs… – Crédit: Magnetik

Alors que j’entends la pluie tomber pendant que j’entame ce second post de la journée, l’envie me prend de vous parler souvenirs… Attention, pas n’importe quels souvenirs, les souvenirs auxquels on s’attache, mais surtout, avant même les souvenirs, ce qui les évoque, objets, photos, films, odeurs… Vous savez, ces contenants et supports eux mêmes souvenirs de souvenirs (on frôle la mise en abîme…).

Bien que les odeurs soient, c’est prouvé scientifiquement, un des plus puissants canaux de réminiscence de souvenirs, je ne m’étalerai pas sur ce sujet précis aujourd’hui, préférant vous livrer mes pensées sur deux expériences fort récentes ayant pour origine un échange plus « tangible » que des odeurs. Contrairement aux odeurs qui sont des expériences plus personnelles, films, photos et bibelots, sont des objets du souvenir qui peuvent être partagés et qui permettent de se remémorer à plusieurs des moments vécus en commun ou non.

Très récemment, j’ai retrouvé dans mes affaires personnelles, un vieux dvd de la fête d’anniversaire d’un de mes meilleurs amis. Le dvd datait d’une dizaine d’années en arrière et je n’avais plus aucune idée de son contenu (à supposer que j’en aie eu une un jour). Lorsque j’en ai plaisanté avec l’ami en question, il m’a fait une offre que je n’ai pu refuser, tant l’idée était séduisante: « Garde ce dvd, ne le regarde pas et on trouvera un moment pour le visionner ensemble, comme ça on verra nos réactions en direct et on partagera un bon moment! »

Il faut le dire, faisant partie de la génération Y, la grande majorité de mes photos sont stockées sur un disque dur en attendant d’être un jour développées. (Oui, j’espère toujours trouver le temps de le faire. J’ai grandi avec des albums photos dans les années 1990 et j’ai gardé pour lesdits albums papier un amour inconditionnel, parce que justement, on peut les partager!) Je regrette que l’on fasse de moins en moins de clichés en soirées avec les gens qu’on aime. Des photos autres que des selfies à la gloire du « moi » disons. (Je n’aime pas les selfies…). Tout ça pour dire que le visionnage de ce dvd me semblait une brilliante idée et brillante elle fut. Replonger pendant 40 minutes dans son adolescence aux côtés d’un ami qui l’a partagée, c’est forcément grandiose! On rigole de nos coupes de cheveux improbables (si si) et on rit de concert en se remémorant des anecdotes toutes les 5 minutes en usant et abusant de la fonction « pause » pendant le visionnage. Se remémorer des bons moments en commun sur la base de vieilles photos ou de films amateurs tournés par une amie qu’on aurait volontiers assomée à l’époque, mais qu’on remercie de tout coeur aujourd’hui (on l’aime cette amie! Oui oui!), c’est fantastique.

Il y a pourtant plus marquant et plus touchant encore que le partage de souvenirs communs. Le fait de dévoiler et de partager ses propres souvenirs avec un tiers qui leur est étranger, tels les petits-enfants qui découvrent des trésors dans le grenier des grands-parents et s’en font raconter l’histoire… Mes grands-parents n’ont pas de grenier, je n’ai donc jamais eu l’occasion de m’adonner à ce genre d’exploration du passé d’autrui en fouillant dans de vieux bahuts (tout au plus ai-je un jour mis la main sur les bulletins scolaires de mes parents en faisant du rangement à la cave, mais ce n’était pas des trésors renfermant des secrets extraordinaires).

Au détour d’une journée printanière, j’ai eu l’occasion de vivre cette expérience, il y a peu. Une expérience qui pour moi n’a pas de nom tant elle m’a touchée, émue et ébranlée. Au détour d’une conversation, je me suis retrouvée une après-midi à genou sur le sol devant des cartons sortis de sous un lit qui n’était pas le mien, saisissant tour à tour des bibelots qui n’étaient pas les miens non plus sur l’invitation de leur propriétaire,  écoutant toute ouïe les souvenirs liés à ces objets hétéroclytes et originaux. J’ai dû passer tout au plus une heure accroupie sur le sol au-dessus de ces cartons, probablement moins et pourtant j’ai rarement vécu d’instant aussi chargé émotionnellement que celui-ci. A quel point estime-t-on quelqu’un, lui fait-on confiance, pour lui ouvrir ainsi une part de sa vie? De son intimité?

Parce que oui, à ce stade, c’est partager un moment de grande intimité avec l’autre que de lui offrir la clef de ses souvenirs, les histoires qui se cachent derrière chaque objet, les anecdotes qui y sont liées. J’ai moi-même un certain nombre de bibelots (merci à celui qui les choisit et me les offre avec goût et humour!),  mais je n’en ai jamais raconté l’histoire à qui que ce soit (du reste personne à ma connaissance n’a jamais eu d’intérêt particulier à la question, jusqu’à aujourd’hui). Ce partage spontané et inopiné, je l’ai vraiment accueilli comme un don. Un don extraordinaire qui pour moi est au-delà des mots. Par le biai de ces souvenirs, c’est un peu du jardin secret de leur propriétaire qu’il m’a été donné de voir et cette confiance, ce moment de complicité d’une intimité rare, c’est probablement une des plus belles choses qu’il m’ait été donné à vivre du haut de mes 28 ans. J’ai aimé ce moment au moins au tant que j’aime celui avec qui je l’ai partagé.

Nous nous attachons tous à des objets, non pas parce qu’ils sont ce qu’ils sont (bien qu’ils puissent être aussi très esthétiques), mais surtout parce qu’ils sont vecteurs de souvenirs que nous sommes généralement seuls à conserver. C’est ainsi que deux de mes meilleures amies ont versé une larme au moment où la voiture sur laquelle elles ont appris à conduire (une Renault 18 et une Clio que j’aimais beaucoup) a rendu l’âme. C’est pour ça également qu’un profond sentiment de révolte m’a prise lorsque j’ai appris que la vieille Peugeot 404 de collection d’un ami a été vandalisée, 404 qui me renvoyait à un souvenir de rentrée au petit matin à 5 ou 6 personnes dans cette minuscule voiture où nous étions bien trop nombreux, mais avons tellement ri, il y a de cela quelques années.

L’hiver dernier, j’ai été tentée de me débarrasser d’un souvenir, un souvenir qui, sur le moment, me faisait mal. Ce souvenir, c’était un cadeau, un cadeau n’ayant pas de valeur pécuniaire, ou si peu, mais d’une immense valeur sentimentale. Je l’ai eu entre les mains dans l’idée d’en finir et… je n’ai pas pu. Je n’ai pas pu parce que cet objet, aussi ridicule soit-il, représentait beaucoup trop de souvenirs et de bons souvenirs, des qui suplantaient mes états d’âme du moment. J’ai donc fait comme Amadeu dans Train de Nuit pour Lisbonne lorsque son amitié avec son meilleur ami Jorge avec qui il joue aux échecs est mise à mal et qu’il cache alors l’échiquier sur lequel les deux hommes ont l’habitude de jouer toutes leurs parties sous une des lattes de son plancher. Amadeu agit ainsi parce qu’il a le sentiment que jeter l’échiquier serait synonyme de jeter Jorge et son amitié avec. C’est cette sensation semblable qui m’a fait prendre cet objet tant controversé et le glisser dans un tiroir en lui lançant au passage: « Désolée, mais je n’ai plus envie de te voir pendant un moment! » (Il ne m’a pas répondu, vous pensez bien, j’ai sûrement eu l’air un peu bête!) Ce bibelot, je me suis décidée à le ressortir de sa quarantaine il y a peu et je ne regrette pas ma clémence passagère, car à sa vue je sais encore aujour’hui que je n’aurais pas pu m’en séparer ainsi et que je ne pourrais pas m’en séparer à l’avenir non plus.

Il en va de nous comme des enfants, un simple bouton peut parfois nous occuper des heures ou être plus intéressant à nos yeux que la dernière babiole technologique en date. Pourquoi? Parce que c’est souvent les attentions les plus simples qui nous touchent le plus profondément, laissant en nous une marque indélébile. Nos souvenirs sont du même ordre, de petits objets à l’apparence insignifiante renferment souvent des souvenirs en or…

 

Quand « libérée » ne veut pas dire « facile »…

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Un mot n’en cache pas toujours un autre! Stop aux raccourcis douteux! – Crédit: ElasticComputeFarm (Pixabay)

La lettreuse en moi médite aujourd’hui une nuance de terminologie. Réflexion induite d’un constat récent. En effet, certains hommes semblent penser que, parce qu’une femme parle librement d’un certain nombre de sujets (dont de sexe), elle doit par définition être ouverte à tout et facilement.

Hâlte-là! Je fais moi-même partie de ces femmes qu’on peut dire « libérées ». Je n’ai aucune gêne à parler sexualité ou quoi que ce soit d’autre. J’ai même souvent plaisir à échanger sur ces thématiques qui, une fois lancées, donnent généralement lieu à des conversations de haut vol et des débats enflammés. Je suis intimement convaincue que la communication est la clef de toute relation qu’elle soit amicale ou conjugale et, de ce fait, cela fait bien longtemps que j’ai oublié d’être prude dans mes avis comme dans mes propos. Autant être honnête et franche, même si ça choque! (Mon manque de tact a déjà eu quelques conséquences…)

Et visiblement, les hommes, ça les choque! Enfin, certains… Penser qu’on puisse faire l’amalgame entre liberté d’expression et « fille facile » me sidère au plus haut point. Etant du genre « grande gueule » et peu soucieuse du « Qu’en dira-t-on? », j’ose beaucoup, surtout si on me met au défi, mais jamais je ne suis tombée dans les bras du premier venu (ni du second)!

Libérée n’est pas synonyme de facile messieurs (et mesdames aussi d’ailleurs)! On peut être du genre à dire ce qu’on pense, oser par défi des actes improbables – J’ai eu fait la critique écrite et détaillée d’un sextoy offert par les amis dans un calendrier de l’Avent par exemple… Oui, on a les amis qu’on mérite!… Merci à eux qui ne pensaient pas que j’aurais le courage d’assumer l’offrande jusqu’au bout! – et ne pas s’offrir sur un plateau au premier venu et coucher avec tout un chacun. Je suis une femme libre et on me mérite. Messieurs méditez ceci, on peut être très ouverte d’esprit sans ouvrir les cuisses et comme le dit très justement une excellente amie qui partage avec moi un franc-parler redoutable: « Être aventurière et libérée ne veut pas dire qu’on le soit avec tout le monde, [sous-entendu] n’importe qui et à n’importe quel moment! »

Au risque d’en décevoir certains, il y a la des définitions à revoir s’ils ne veulent pas se prendre une baffe (au propre comme au figuré) monumentale. Passez-moi l’expression…

S’offrir des fleurs…

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N’attendez pas qu’on vous les offre! Offrez-les vous! – Crédit: Pezibear (Pixabay)

A soi-même! Et pourquoi pas? Je fais partie de ces gens qui, lorsqu’ils passent devant l’étal du fleuriste ne peuvent pas s’empêcher de jeter un œil un peu rêveur aux différents assortiments en se disant: « Aaaaah si j’avais un homme un vrai, un bien j’en recevrais, des fleurs, de temps en temps! » (Oui da, je suis un peu romantique tout de même! Faut pas croire!) Des fleurs un peu originales, pas des roses rouges, s’il vous plaît! Je sais pas moi, des tournesols – j’aime les tournesols, ils recherchent le soleil, un peu comme moi – des tulipes, un cactus… Que sais-je? Tout sauf des roses!

En attendant, rêver c’est bien, mais mon intérieur, lui, n’est pas très verdoyant et s’il faut que je ronge mon frein jusqu’à que l’homme de ma vie se décide à se manifester, je risquerais d’attendre un moment! Du coup, grande fille comme je suis, j’ai décidé tout vaillamment, la semaine dernière, de m’offrir un beau bouquet de tulipes en faisant mes courses dominicales au marché. (Oui, j’aime faire le marché. C’est plein de vie et de couleurs. On discute. On prend le temps et le soleil. On flâne. On sent le printemps qui s’installe et on achète des produits de saison qui ont du goût! C’est peut-être une habitude de vieille, mais j’assume!)

Voilà donc que je m’arrête devant l’étale de l’horticulteur et lui désigne tout naturellement le bouquet qui me fait de l’œil. Survient alors la question fatidique:

« C’est pour offrir?

– Non, c’est pour moi! »

Le fleuriste me regarde d’un air à peine condescendant retenant avec peine un « Ah » que je ne saurais trop bien ponctuer. Interrogatif? Suspensif? Exclamatif? Quel est le problème? N’ai-je pas le droit de m’acheter des fleurs? Est-ce que c’est une option qui n’est livrée qu’avec le coffret « homme attentionné envers sa copine/femme/amante/compagne (ou « homme qui a quelque chose à se faire pardonner »)? Une femme qui achète des fleurs pour elle, est-ce donc si incongru? Et si j’aime les fleurs? Et si j’ai envie d’égayer mes quatre murs? Et si… J’ai envie de me faire plaisir, tout simplement? Pourquoi ces jugements ridicules? Pour un peu, j’enverrais volontiers mon fleuriste sur les roses! Cela dit, ses tulipes me plaisent vraiment beaucoup, pour une fois je me mords la langue pour refréner le commentaire qui me brûle les lèvres et je repars toute guillerette avec mes tulipes colorées à bout de bras.

Le même jour, c’est non moins souriante que j’offre une de ces tulipes à un ami. Une tulipe orpheline, parce qu’elle s’était échappée du bouquet en l’arrangeant dans son vase et n’avait pas la même longueur que les autres. Il a souri. Eh oui, les fleurs, ça fait toujours plaisir. J’ai offert une fleur à un homme et je n’avais rien à me faire pardonner. Croyez-moi, vous devriez essayer…

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